devenir maman à l'étranger du Japon à l'Allemagne

Devenir maman à l’étranger. Du Japon à l’Allemagne, une histoire universelle

Lorsque nous avons la possibilité d’entrer plus en intimité avec les gens qui nous entourent, nous réalisons immédiatement que chaque famille a ses valeurs, sa manière d’être ensemble, de communiquer et de partager des traditions. Devenir maman à l’étranger..là, on se rend compte que ces différences peuvent être énormes. Pour l’article d’aujourd’hui, j’ai interviewé une amie japonaise qui vit maintenant à Dresde, pour savoir comment devenir maman à l’étranger, en Allemagne, peut être différente qu’au Japon. Voici son histoire ..

Devenir maman à l'étranger du Japon
Devenir maman à l’étranger, du Japon à l’Allemagne

Comme mon amie veut rester anonyme, je vais lui donner un nom fictif. C’est l’histoire d’Ichiko, une Japonaise qui a décidé de s’installer en Allemagne il y a une quinzaine d’années. Ce qui semblait être un voyage temporaire pour apprendre la langue, s’est transformé en un saut vers une nouvelle vie. Nouvelle maison, nouvelle famille et nouvel ensemble de valeurs … et puis, devenir maman à l’étranger, une contradiction interne qui devient douloureuse.. Mais allons dans l’ordre.

Un mariage selon la tradition japonaise

Ichiko est née dans une petite ville du centre du Japon, l’aînée dans ce qu’elle appelle « une famille à l’ancienne ». Quelques années plus tôt, lorsque ses parents décidèrent de se marier, son père Daiki a dû demander la permission à ses futurs beaux-parents.

Il dit, selon la tradition : « Me donneriez-vous votre fille s’il-vous-plaît? »

Était-il nerveux quand il frappa à la porte, avec cette formule en tête? S’était-il d’abord proposé à sa petite amie Asako? Asako a-t-elle été prise en considération, ou est-ce resté « une affaire d’hommes »? Regardait-elle anxieusement derrière un rideau lorsque Daiki rentrait? Malheureusement, nous ne saurons jamais. Mais si, en effet, il y fut quelque peu d’émotion, très probablement, Daiki et Asako la cachèrent.

Après le mariage, Asako dût déménager chez Daiki et chez ses parents. C’était, et c’est encore aujourd’hui, la tradition. Les filles mariées consacrent toute leur vie à leurs maris; elles appartiennent à leur nouvelle famille. Asako ne fit pas exception, on ne pouvait pas imaginer faire les choses différemment. Vivre ensemble sans être mariés; ou avoir un enfant hors mariage … c’étaient des péchés impardonnables qui auraient suivi le bébé toute sa vie comme une étiquette cousue sur son front.

devenir maman à l'étranger le début
Se marier selon tradition

Un Ange protecteur est né

Mais Asako n’était pas heureuse dans sa nouvelle vie. Elle était censée oublier qui elle était et trouver en silence sa place au sein de sa famille adoptive. Daiki, comme beaucoup d’hommes japonais, travaillait la plupart du temps, il ne pouvait donc pas lui apporter le soutien dont elle aurait eu besoin. Elle souffrait, il travaillait.

Le sauveur a pris la forme d’une jolie petite fille très mignonne, Ichiko. Asako s’y cramponna comme si elle était née pour lui rendre sa vie. Et Ichiko, en fait, grandit en fille parfaite: responsable, obéissante et attentionnée. Mais quand elle commença à comprendre, elle supporta de moins en moins le rôle de l’ange gardien que sa mère lui avait inconsciemment attribué.

Ichiko détestait que tout soit « selon la tradition ». Elle détestait devoir toujours être la meilleure pour rendre sa mère heureuse. Elle grandit en croyant qu’elle devait protéger sa mère… Bien que, bien sûr, Asako ne lui ait jamais demandé, et même aujourd’hui, elle ne l’admettrait jamais. Ces choses s’insinuent sous la peau, sans la nécessité d’un seul mot.

devenir maman à l'étranger et les traditions
Les traditions sont importantes

Beaucoup de cerisiers fleurissent avant la tempête

Asako eut deux autres enfants après Ichiko, un garçon, et quelque temps plus tard, une petite fille avec laquelle Ichiko affirme avoir établi une relation mère-fille plutôt qu’entre sœurs. Ichiko continuait de se sentir obligée de protéger sa famille et de perdre son enfance à cette fin..

La vie continua, une saison de cerisier en fleur après l’autre, calme et sans accrocs apparents, un feu tiède sous les cendres. Ichiko continuait à être la fille parfaite, elle allait bien à l’école, elle était assidue. Mais elle n’était pas comme les autres, comme ses copines. Elle osait exprimer ses pensées ouvertement. Elle disait son opinion à haute voix, elle contredisait. Et elle se sentait incomprise et hors-place.

On ne dit pas certaines choses, tout le monde le sait ! Elle remarqua les regards sur elle après avoir parlé, l’atmosphère soudainement inquiète. Et elle commença à penser: « Ce n’est pas ma place, je n’appartiens pas ici ».

À peu près à la même époque, la situation entre Daiki et Asako se détériora de plus en plus, jusqu’à ce qu’ils décidèrent de divorcer, alors qu’Ichiko avait environ 15 ans. Les cendres éclatèrent dans une rage de feu contre son père. Est-ce de lui qu’elle avait essayé de protéger sa mère toutes ces années? Ou de son malheur insoluble?

Au Japon, il est très courant qu’après un divorce, les pères quittent la maison et n’entretiennent pas des contacts réguliers avec leurs enfants. Généralement la mère a la garde complète. La même chose se passa aussi chez Ichiko.

Daiki continua à travailler, et Ichiko ne voulut plus le voir. Sa colère était un feu qu’elle ne voulait pas éteindre.

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Tristesse en famille

Le gardien s’envole

Comme le font souvent les adolescents, Ichiko tourna cette page sans révocation et alla vers autre chose. Son agitation ne lui permettait pas de repenser excessivement. Au lieu de cela, elle se concentra sur ses études et s’inscrivit à l’université.

C’est là qu’elle commença à étudier l’allemand. L’histoire du Japon a de nombreux liens avec celle allemande, comme nous le savons. Mais ce que le rebelle Ichiko a vu, c’est une Allemagne qui n’a reçu que peu ou pas d’aide après la guerre. Pourtant, elle n’a jamais tenté de cacher son passé et a recouvré son statut de pays riche; alors que son Pays a été grandement aidée, mais il essaya aussi de couvrir toutes les erreurs commises dans le passé.

Ichiko y lut une nouvelle confirmation de ce qu’elle n’aimait pas chez son pays; et pour une raison quelconque, au lieu de cela, elle ressentit une attirance pour ce pays étranger qu’elle n’avait jamais vu. Comme nous faisons tous lorsque nous construisons une belle image pastel à partir d’attentes sur quelque chose que nous venons juste d’apercevoir.

Le professeur d’Ichiko lui donna le dernier coup de pouce, en organisant tout d’abord un voyage d’étude d’un mois en Autriche; puis l’année suivante, un stage de neuf mois en Allemagne, destination: Dresde. Elle n’est jamais revenue (sauf pour les vacances, ne vous inquiétez pas!).

Quand l’étranger devient maison

Ce ne fut pas sans douleur, cependant. Comme première sortie du nid familial, en particulier celui dans lequel elle avait pris le rôle de mère auxiliaire et de sauveteur universel, atterrir de l’autre côté du globe fut en effet libérateur, mais également aliénant. Même la nourriture, premier élément de confort, n’avait pas beaucoup de points d’intersection.

Pourtant, une force primitive la poussa vers l’avant, sans autre signe physique d’angoisse que les soudains éclairs dans son regard volontaire et ses mâchoires serrées. Ichiko était habituée à garder son esprit fier, ses peurs, ses nœuds non résolus sous un sourire joyeux.

Le stage terminé, la société pour laquelle elle travailla lui offrit un contrat à durée indéterminée, alors Ichiko resta.

Asako se rendit compte à un moment donné qu’elle perdait son gardien? Lui a-t-elle jamais reproché ou a-t-elle enfin compris que l’honnêteté exprimée librement par sa fille nécessitait d’une toile plus blanche? A-t-elle communiqué les mouvements, les choix d’Ichiko à Daiki, ou est-il resté complètement dans le noir? Nous pouvons seulement les imaginer, chacun dans son cocon, proches de nous dans leur humanité et leur amour de parent, leurs actions étant motivées par un ensemble pourtant si différent de valeurs et de conditionnements..

Devenir maman à l’étranger et rompre avec les traditions

Ichiko est inévitablement tombé amoureuse. Attirée par la diversité, révoltée par ce qui était arrivé à sa mère, elle ne pouvait pas accepter de vivre la même expérience de « l’amour selon la tradition ». Au lieu de cela, elle l’a vécu en Europe, sans la permission de ses parents comme exigence sociale. Mais peut-être, simplement, elle n’y a pas pensé. Elle a apprécié le bonheur profond dans sa pleine réalisation. Ces moments, quand on sait qu’on n’a besoin de rien d’autre.

Ichiko et son compagnon découvrirent qu’ils attendaient un enfant et se marièrent à peu près au même moment. Asako leva sûrement les sourcils à cette pensée, mais ne put intervenir.

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Devenir maman à l’étranger sans ta maman

Devenir maman à l’étranger et faire face aux premières difficultés de la grossesse

Grossesse .. pour beaucoup de femmes japonaises, cela signifie une première visite chez le gynécologue. Elle ne s’y rendent pas avant, si elles n’en ont pas besoin. Ichiko a donc été confrontée à son premier défi: elle ne savait pas à quoi s’attendre … montrer son intimité à un inconnu; un étranger qui parle allemand, entre autres. Elle ne savait pas par où commencer.

Elle prit le téléphone et commença à appeler les gynécologues de la ville, les uns après les autres, en suivant l’annuaire téléphonique. Tout juste comme je le fis quand je cherchais une nounou! Je me souviens encore de mon anxiété, le ventre noué devant le téléphone, et chaque fois que je recevais la réponse «Nous n’avons pas de place», mon niveau d’anxiété augmentait. Je vois Ichiko, inquiète, une main sur le téléphone, une sur le ventre, qui compose soigneusement les numéros les uns après les autres, son allemand boitant soudainement.

Elle ne pensa pas à dire qu’elle était enceinte, alors personne ne la prenait comme nouvelle patiente. Finalement, un ami l’a aidée, lui donna le bon conseil et le rendez-vous fut fixé.

La grossesse… pour Ichiko, ça aurait dû signifier l’expression pure de ses attentes. Elle le voulait depuis si longtemps que tout aurait dû être comme elle l’avait imaginé. Parce que toute sa vie, elle avait vécu dans l’aspiration à la perfection. Elle avait dû le faire. Pour sa mère, pour son propre bien.

Elle avait réussi à chaque fois, comme elle l’avait prévu. Pourquoi la grossesse devrait-elle se dérouler différemment? Sans autre guide digne de confiance, sans l’aimable et aimante présence d’une mère proche, Ichiko dévora tous les livres sur le sujet qu’elle put trouver. En allemand, en japonais, peu importait.

Grossesse et perfection

Dans son monde intérieur, la grossesse était le résultat idyllique de la sublimité d’une femme. Regardons les choses en face, toutes nos sociétés ont tendance à nous conduire vers cette image d’une mère parfaitement heureuse; sa belle silhouette à l’exception d’un ventre prédominant; toujours souriante, elle bouge gracieusement et sans effort.

Bon, mon expérience personnelle est un peu plus fluctuante. Certes, on est heureuse. Mais on ressent aussi ce contraste entre les pressions externes et notre état interne. Les étrangers nous parlent avec les yeux de ceux qui savent depuis longtemps; tout est décrit comme « merveilleux ».

Et les déséquilibres hormonaux? Et l’épuisement qui vous laisse crevée déjà à l’heure du déjeuner? Ou la sensation aliénante de voir grandir son ventre, puis que ça bouge, envoie des coups et des sanglots, sans que l’on puisse rien maîtriser ? La plupart du temps, vous ne savez pas ce qui se passe dans votre corps et vous ne savez pas si c’est comme ça que ça se passe, ou si c’est juste moi..

Aucun contrôle. Ichiko faisait face à ce fossé entre ce qui aurait dû être et ce que c’était, et elle n’appréciait guère. Cela la rendait trop inquiète, anxieuse comme elle n’avait jamais été.

Devenir maman à l'étranger et rien va comme prévu
Rien comme prévu

Devenir maman à l’étranger et différeces dans la gestation

Le médecin qu’elle trouva ne l’aida pas beaucoup dans son angoisse. Il n’y avait pas d’autre femme enceinte dans la salle d’attente, ce qui aurait pu être rassurant. Aucune mention de ce qu’elle aurait dû manger, combien de poids elle aurait dû prendre.

Ce médecin a-t-elle pris en compte les différences de constitution, le type de taille quand elle contrôla la croissance du bébé? Ou suivait-elle simplement son tableau de cette manière précise et méticuleuse pour laquelle les Allemands sont célèbres? Ce que Ichiko m’a exprimé, en plus de son inconfort et de ses tentatives répétées de bien faire les choses comme elle l’avait prévu, fut qu’à 37 semaines, le médecin lui dit: « Votre bébé est trop petit, nous devrions peut-être reporter le terme de quelques semaines ».

Sans mots, Ichiko quitta le cabinet en état de choc. Changer la date du terme? On peut ? S’il y avait un point fixe tout au long de sa grossesse, c’était la date du terme.

Ichiko tremblait et pleurait lorsqu’elle téléphona à son mari pour lui demander de l’emmener à l’hôpital pour un double contrôle, comme l’avait suggéré le médecin. Heureusement, tout s’est bien passé! À l’arrivée des 40 semaines, l’enfant profitait toujours de la chaleur et de l’intimité du ventre de sa mère.

C’est quelque chose qui m’a laissé perplexe pendant mes grossesses: le terme n’est pas établi de la même manière dans tous les pays. 40 semaines en Italie et en Allemagne, mais 41 en France, par exemple. Certains comptent depuis les dernières règles, d’autres depuis la conception. Cela m’a toujours dérouté..

Le terme s’approche

Et à vrai dire, on devient inquiet quand la date approche et l’enfant ne donne aucun signe de vouloir sortir. Même Ichiko ne fit pas exception.

Asako proposa de venir aider. Les mères japonaises prennent souvent soin de leurs filles immédiatement après l’accouchement. Beaucoup de femmes déménagent temporairement chez leur mère après l’accouchement pour obtenir de l’aide et du soutien pendant les premiers mois. Les mères et les bébés japonais ne quittent même pas la maison le premier mois, alors une autre présence autour de la maison peut vraiment aider..

Mais Ichiko refusa. Asako ne parlait ni l’allemand ni l’anglais, tandis que le mari d’Ichiko ne parlait pas le japonais. Ichiko voulait être pleinement présente à son enfant, à cet événement qu’elle s’apprêtait à vivre. Elle ne voulait pas passer son temps à traduire et à jouer le rôle d’intermédiaire entre sa mère et son mari. Une autre coupure dans la tradition..

Alors Ichiko attendit avec inquiétude. Quelques jours après son terme, lors de la visite à l’hôpital, les médecins constatèrent que le col de l’utérus avait commencé à se dilater. Ils lui ont suggéré de rester à l’hôpital et, après quelques heures, de provoquer l’accouchement.

Rien comme prévu

La douleur fut soudaine et accablante. Cela n’avait rien à voir avec les contractions régulières, avec ce que les sages-femmes avaient expliqué pendant le cours prénatal. C’était intolérable, brûlant et continu. Il était difficile de respirer ou de penser à autre chose qu’à la douleur qui l’envahissait. Il n’y avait rien qui pouvait l’apaiser ou la réconforter.

Les médecins ont initialement recommandé, puis forcé la péridurale. Ichiko ne voulait pas : elle voulait sentir et accompagner, avec chaque cellule, son bébé tout au long du voyage de sa naissance. Elle voulait le maîtriser, contribuer activement. La péridurale lui fut faite contre sa volonté. Le soulagement fut amer.

Le temps passa et toujours pas de bébé; les médecins optèrent donc pour une césarienne. Étonnement, rejet du pouvoir impuissant d’Ichiko. Puis, pendant qu’ils se préparaient à l’opération, « Non attends, le bébé descend, nous pouvons essayer avec le forceps! »

Qu’est-ce qui se passe? Imprévus de l’accouchement

Un instant, Ichiko se sentit en dehors de son propre corps, comme si elle regardait la scène de l’extérieur. Cela ne pouvait pas être son accouchement. Cela n’aurait pas dû être ainsi. Elle ne pouvait pas le croire.

Son mari se préparait pour l’opération et quand il rentra dans la pièce, la scène avait changé inexplicablement. Parle-t-on d’un forceps? Quoi?

Ichiko ne pouvait rien sentir, ne pouvait pas pousser, le bébé fut tiré dehors. Ce n’est pas elle qui accompagna son enfant à la vie. Cela ne pouvait pas être son bébé. Elle ne l’a même pas senti. Qui est cette créature collante qu’ils me tendent? Que s’est-il passé? Frustration incrédule..

Où était la joie profonde et le sentiment d’accomplissement qu’elle aurait dû ressentir? Où était l’amour chaud, assurément émerveillé? Mais il n’y avait pas le temps de créer un lien ou de récupérer. Ichiko devait encore être soignée par les médecins.

Papa tint son nouveau-né dans les bras, tandis qu’Ichiko resta seule. Faisant face à l’écart entre la naissance dans son monde intérieur et ce qui venait de se passer.

Devenir maman à l’étranger, quand attentes et réalité ne sont pas pareil

Comment était la vie avec un bébé avec lequel vous n’arrivez pas à créer un attachement, une complicité? Ichiko traversa cette phase avec difficulté. Cette frustration, qui lui rappelait constamment le décalage par rapport à ses attentes, la maintenait tendue et nerveuse..

Ce fut le moment où elle sentit plus fort que jamais: « Je ne veux pas être comme ma mère! » Nous le pensons tous, au moins une fois dans une vie. Quand notre individualité veut se libérer du conditionnement des parents.

Ichiko devait encore faire face à cet écart pour accepter pleinement qui elle était. Accepter ces origines-là et un passé qui faisaient partie d’elle et de ses enfants. Quelque chose qui ne pourra pas changer, où qu’elle décide d’aller dans le monde..

Ichiko reprit le boulot. Parce qu’elle aimait son travail. Au Japon, peut-être qu’elle ne l’aurait pas fait. Si l’on est en sécurité financière, on démissionne pour se consacrer entièrement à la maison et aux enfants..

Et elle décida de voir un thérapeute. Tout en luttant pour accepter sa propre imperfection naturelle; en cherchant un équilibre alors qu’elle assumait son nouveau rôle de mère et se découvrait en tant que telle; ses pensées se tournèrent vers son père. Un père qu’elle n’avait pas vu depuis 18 ans et dont elle ne connaissait plus rien.

Devenir maman à l'étranger et rester
Rester

Recoudre la déchirure

Pour une raison quelconque, pour le bien de son bébé, elle sentit le besoin de savoir. Lorsqu’elle devenait mère une deuxième fois, Ichiko envoya une lettre au bureau de Daiki. Elle mis des mots à ses sentiments, sa rage cachée; son passé et son présent. Elle libéra le nœud des émotions complexes qui étaient restés cachées, ancrées et intactes en elle pendant 18 ans..

Des mois passèrent sans un mot de réponse. Un jour, un courriel. Daiki était surpris mais heureux que sa fille l’ait contacté.

Ce jour-là, il était entré dans son bureau un peu plus tard que d’habitude. Il avait eu un rendez-vous chez le médecin, mais la visite ne s’était pas déroulée comme prévu. A Daiki fut diagnostiqué un cancer, stade terminal. Il est retourné au travail, car de toute façon, il fallait continuer, c’était son devoir. Mais la vie acquérait un nouveau sens.

Qu’il se sentait vaincu ou serein en savourant chaque souffle qu’il pouvait encore respirer, il vit une lettre sur son bureau. Coïncidence ou magie de la vie?

Dans l’espace privé de son bureau, il a peut-être laissé filer la nouvelle tournure de ses perspectives. Peut-être a-t-il laissé les larmes lui éclaircir les idées. Ou peut-être qu’il garda tout cela en lui.

Il lui a fallu des mois pour trouver les mots pour définir tout cela et pour donner une réponse..

Il y avait encore assez de temps pour se rencontrer. Encore assez de temps pour rencontrer ses petits-enfants. Garder leurs mains entre les siennes. Sourire. Transmettre quelque chose de lui-même, sinon à travers des mots, du moins avec des caresses, des regards et … son toucher. Acceptation.

Sa petite-fille de 3 ans descendit du train et, le voyant pour la première fois sur le quai, sauta dans ses bras… mais lui, il tomba par terre, car la maladie avait rongé la vigueur du passé. Acceptation.

Devenir maman à l'étranger et recoudre la déchirure
Revenir à ses origines

Devenir maman à l’étranger et élargir les horizons

Maintenant, les enfants d’Ichiko doivent également faire face au fait de ne pas appartenir à une seule case spécifique. Européens à moitié, Japonais pour l’autre moitié. C’est un cadeau et aussi une exception. Un élargissement des traditions, des cultures, de l’histoire qui nous enseigne que nous ne sommes pas une seule chose. Nous sommes un kaléidoscope en constante évolution, et ce n’est pas grave!

Vous savez, lors de la préparation de mon interview avec Ichiko, je m’étais concentrée sur les différences culturelles. Ce qui avait été le plus difficile, ou stimulant ou amusant; comment les choses peuvent être faites de manière différente.

Je me retrouve avec une histoire universelle: le chemin d’une femme à s’accepter elle-même, avec son passé et son présent, même face à ses imperfections. La découverte d’une vie qui ne se déroule pas toujours comme prévu. C’est l’histoire de nombreuses grossesses, quand la nouvelle personne que nous amenons à la vie nous pousse à regarder plus profondément en nous.

Acceptation, et ensuite, amour. Merci, Ichiko, d’avoir accepté l’interview et m’avoir laissé l’exprimer avec mes mots et mes sentiments. Pour avoir voulu partager cette partie de toi avec qui voudra la lire.

Si l’histoire d’Ichiko vous a touché, partagez-la! Et je vous en prie : commentez! Ichiko et moi en serons ravies 🙂 [social_warfare buttons= »Facebook, Twitter »]

Toujours sur le thème des histoires exceptionnelles, vous ne pouvez pas rater l’histoire de Razan! De la Syrie à l’Allemagne, à travers de nombreuses batailles et une seule envie : contribuer au changement..

4 réflexions sur “Devenir maman à l’étranger. Du Japon à l’Allemagne, une histoire universelle”

  1. Coucou CLIO,
    Merci pour ce partage d’une histoire personnelle et universelle .
    Ichiko a rejoint par sa détermination et sa transformation, la communauté de cœur des Springboard girls 😊

Les commentaires sont fermés.

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